Le Tigre Rouge...

Publié le par Gaëlle K. Kempeneers

Ce n'est pas le titre de l'histoire (à vrai dire, je ne l'ai pas encore trouvé !) mais c'est une nouvelle qui prend place dans le même univers que mon histoire publiée dans Univers V d'Outremonde : Le Tigre du Dark Wisthle. (illustré par Anilori !)

 

 

 

 

 

La porte de l’auberge s’ouvrit, coupant net les conversations qui bourdonnaient dans la semi pénombre de la salle commune. Tous les regards convergèrent vers la délicate silhouette se découpant à contre-jour dans l’entrée. Cette dernière s’avança de quelques pas et les gorges de tous les hommes présents s’asséchèrent, tandis que du simple pilier de bar au vieux loup de mer, les clients rajustaient précipitamment leur mise. Les regards de d’abord surpris devinrent lubriques, emplis de convoitise devant l’ange qui se tenait immobile devant eux, les mains sagement jointes sur ses jupes. Cependant, les quolibets et les plaisanteries grivoises moururent d’eux-mêmes avant même d’être lancés comme la jeune femme était rejointe par un homme. Ce dernier promena sur l’assemblée un regard ne laissant aucun doute sur son statut de mâle alpha avant de poser doucement la main au creux des reins de sa compagne, la guidant jusqu’à une table libre. La belle ressemblait à un magnifique oiseau exotique. Jamais encore ce bar n’avait accueilli pareille beauté… en tout cas, certainement pas aussi raffinée. Le silence s’appesantit davantage. Chacun observant les nouveaux venus qui avec admiration, qui avec concupiscence devant ce couple remarquable.

Elle. Ses longs cheveux d’un rouge profond brillaient ramenés en une coiffure compliquée dévoilant sa nuque gracile. Quelques mèches rebelles s’étaient échappées et, obéissant aux lois de la pesanteur, traçaient des rivières de sang sur sa peau ivoirine. N’importe quelle femme aurait tué pour une taille aussi fine, des traits aussi délicats. Quant à ses yeux, ils semblaient attirer toute la lumière de la pièce, laissant les clients dans l’obscurité. Vifs, couleur améthyste, ils étaient bordés d’une rangée de cils, longs et soyeux, se dessinant parfaitement sur ses pommettes crémeuses.

Lui. Aussi sombre qu’elle était lumineuse. Ses cheveux noirs, légèrement ondulés, étaient retenus en un cardigan. Sa peau était matte, ses traits altiers légèrement méprisants. Il ressemblait à un rapace. Ou peut-être à un loup. Difficile à dire. C’était une bête fauve en liberté, un prédateur prêt à répandre le sang si son territoire se voyait menacé. Il ne paraissait pas particulièrement patibulaire, le coude nonchalamment posé contre le dossier de sa chaise, il se montrait même plutôt détendu, son regard ocre survolant l’assemblée sans s’alarmer. Pourtant, il y avait une aura presque palpable vibrant autour de lui. On pouvait la sentir épaisse, oppressante, presque aussi carmine que la chevelure de sa compagne.

Le silence fut long à se dissiper mais, enfin, les conversations reprirent avec plus ou moins d’entrain. Cependant, les regards revenaient souvent se poser sur cet étrange couple, glissant sur leurs vêtements parfaitement coupés, de trop bonne qualité pour l’endroit. De qui pouvait-il bien s’agir ? De nobles venus s’encanailler ? Peut-être attendaient-ils simplement l’heure d’embarquer ? De toutes façons, que venaient-ils faire sur l’île la plus mal famée de la confédération ?

Kôpol était un archipel aérien. Les cinq Maisons principales tenant les rênes du pouvoir se trouvaient au centre des atolls. C’étaient là-bas que se trouvaient les richesses, le luxe. Plus on s’en éloignait, plus les Maisons étaient mineures, plus la population vivait dans la misère et la précarité. Il était rare de voir des nobles s’y risquer ainsi et, en temps normal, de tels inconscients se seraient retrouvés soulagés de leurs biens avant d’avoir eu le temps d’y songer. Probablement, les aurait-on même retrouvés les tripes à l’air avant la tombée de la nuit dans quelques ruelles étroites. Cependant, personne ne s’opposa à ce couple singulier. Ici, où l’individualisme forcené tenait lieu de loi, on cherchait avant tout à survivre… pas à se mesurer à plus fort que soi.

Los Compadre était la frontière de la Confédération. À quelques miles à peine de Désolation. Le bagne de Kôpol. Jamais personne ne s’en était évadé. Les seuls qui en ressortaient étaient les cadavres balancés dans le vide par les gardiens. Un champ de force maintenu par les générateurs de la Maison Tekshombra, reine de la technologie, maintenait les vaisseaux à distance, seuls les navires de l’armée dotés des permissions adéquates pouvaient passer cette terrible barrière. Et là encore, ils étaient escortés par des navettes lourdement armées. Oh non ! Il n’était pas aisé de s’approcher de Désolation. Encore moins d’en sortir.

Apparemment insensible aux regards curieux et avides qui pesaient sur lui, le couple avala un repas léger et insipide, la femme se contentant de picorer en fronçant le nez de dégoût. La porte s’ouvrit à nouveau et un gamin, vêtu comme un domestique, aussi brun de peau que de cheveux les rejoignit. Après une vive courbette, il se plaça derrière la chaise de la dame avec un respect que rendait peu crédible son expression de lutin espiègle. Peu après une trompe retentit dans toute l’île. Un navire prison accostait au port, venant chercher son lot de parias dont la dernière destination serait Désolation. Aussitôt, les étrangers posèrent leurs couverts et se levèrent, se dirigeant vers la porte. En croisant le regard de la belle, nombre de clients se virent soudain plus à l’aise dans leur pantalon. L’éclat des améthystes lui tenant lieu d’iris n’avait rien de féminins ni de très engageant.

 

 

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Je me donne pour but de la terminer d'ici la fin de l'été...

Bonne lecture  et bonnes vacances !

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Publié dans Autres romans

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