Dix petits Chevaliers d'Or : prologue
Douleur.
L’ennemi est bien trop fort – obscènement fort – et le jeune homme sent son cosmos entravé par quelque chose qu’il ne peut ni définir ni repousser. Peut-être est-ce le désespoir devant la mort nécessaire de sa déesse ? L’arrivée des chevaliers de bronze leur procure un court répit mais ni lui ni ses compagnons n’ont le droit de se cacher derrière leurs cadets, ces derniers sont de part trop important, l’ultime espoir de l’humanité. Ils doivent rejoindre l’âme d’Athéna et poursuivre le combat à ses côtés.
Pourtant, Seiya se refuse à les abandonner et se prépare, malgré tout, à attaquer – seul s’il le faut – leur ennemi. C’est à ce moment que Mu trouve la force de s’arracher à cette étrange faiblesse qui englue le moindre de ses mouvements et saisit le petit japonais par les bras.
« Mais Mu ! » proteste l’adolescent.
« Seiya, » dit doucement l’Atlante. « T’ai-je déjà menti ? Pars devant, nous vous rejoindrons. »
Ce ne sera pas un mensonge vain, il sait que le combat contre le Spectre sera probablement un suicide mais au moins leurs âmes descendront sur place, prêtes à porter leurs forces aux vivants. Et surtout, les enfants bénéficieront d’un court répit, rien que pour ça, ce combat perdu d’avance en vaudra la peine. Un instant, son cœur va à Kiki, resté au sanctuaire, et il sourit, heureux de le savoir en relative sécurité. A contrecoeur, Pégase renonce à la confrontation, s’enfonçant dans les profondeurs du château avec ses compagnons. Shun s’arrête un instant avec inquiétude, un peu comme s’il avait déjà compris.
« Nous vous attendrons, » souffle-t-il de sa douce voix juvénile avant de disparaître dans les ombres.
La faiblesse se fait de plus en plus grande et Mu sent que, lorsqu’ils ont quitté le sanctuaire, ils ont oublié quelque chose de primordial… qu’il ne peut se rappeler. Un vertige le prend soudain, lui attirant un commentaire méprisant de la part de l’ennemi.
Commentaire qui provoque un regain de colère et d’énergie de ses deux compagnons.
Fermement, Mu se redresse et se prépare à son dernier combat.
« Stardust extinction ! »
« Ligthning Plasma ! »
« Scarlett Needle ! »
« Greatest Caution ! »
Douleur.
Bris d’armures.
Sang et cendres.
Lorsque la poussière due aux attaques simultanées retombe, Mu est à terre au milieu d’une flaque de sang. Souillé de ce liquide incarnat, poisseux et épais, presque liquoreux, l’Atlante est au bord de l’inconscience. Milo est étendu à ses côtés, le bras droit horriblement mutilé ; il ne respire plus que par à coups. Quant à Aiolia, il ne le voit pas de suite, il lui faut d’abord réussir l’exploit laborieux et terriblement douloureux de se redresser légèrement.
Rhadamante se tient au bord du gouffre, soulevant le Lion par la gorge comme s’il s’agissait d’un vulgaire brin d’herbe. L’Atlante n’a que le temps de se rendre compte de ce que cela implique avant que le Spectre ne lâche sa victime toujours vivante au dessus du Styx.
« Non ! » réussit à souffler le Tibétain malgré les dégâts subis par sa cage thoracique.
L’ennemi se tourne vers ses deux dernières proies avec un sourire empreint d’un mépris condescendant.
« Ne t’inquiète pas, Chevalier. Tu vas bientôt rejoindre ton pitoyable ami. »
Mais déjà Mu ne l’entend plus, sa vue se brouille. Il sent à peine la longue chute qui le mène à une douleur acide face à laquelle il est impuissant.
Douleur qui n’en finit plus et le ronge sans lui laisser l’échappatoire de l’inconscience ou de la morte.
Douleur face à laquelle, il est impuissant et peu à peu, il sent sa raison lui échapper jusqu’à ce qu’un cosmos chaleureux ne l’entoure, le tirant hors de ce marasme malsain qui englue le moindre de ses gestes, la moindre de ses pensées. Il connaît cette aura, c’est à elle qu’il a consacré sa vie et, malgré l’étendue de ses blessures, il s’arrache aux marais acides du Styx. Peu importe la douleur ou la fatigue, sa déesse a enduré bien plus et se dresse contre celui qui veut dominer la terre et les humains… ceux que le Bélier a juré de protéger. Par la seule force de sa volonté, il rejoint ses compagnons d’armes, fier et heureux de côtoyer à nouveau son maître et père adoptif, ceux qu’il avait pris pour des traîtres. Il s’en veut un peu d’avoir douté de leur loyauté mais le temps n’est plus aux regrets. Une dernière fois, les chevaliers d’or font exploser leur cosmos, permettant à Athéna et à leurs cadets de pénétrer dans l’antre du Dieu des Enfers. Désormais, l’avenir repose entre leurs mains.
La force de l’explosion projette Mu dans le vide et, sans plus aucune force, il ne peut que sentir, impuissant, les restes de son armure le quitter. A vrai dire, il ne sent plus grand-chose mais, au moins, la souffrance l’a quitté. Est-ce cela la mort ?
Un visage, pâle et cruel, le domine soudain, les lèvres fines et à la courbe cynique bougent mais le sens des paroles lui échappe. Il est tellement fatigué, il voudrait juste se reposer quelques instants. Il devine bien qu’Hadès leur jette une dernière malédiction mais la voix vient de tellement loin et ses paupières sont si lourdes. Lentement, sans que le jeune homme ne s’en rende vraiment compte, ses yeux se ferment et le néant, marrée apaisante, le recouvre enfin.
A suivre...
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Dix petits Chevaliers d'Or est une préquelle à la fic "la nouvelle épopée" écrite par mon mari. Les deux histoires peuvent se lire séparément (et de toute façon, la nouvelle épopée n'est pas disponible sur le web... il va falloir convaincre mon chéri ^^;;;). Le scénario de base des 10 CO est d'ailleurs de lui ^-^