Lorialet
Titre trèèès provisoire !
C'est une petite histoire que j'ai commencé à écrire dans le bus en rentrant à la maison le soir. Je pense en faire un petit roman jeunesse se passant dans mon univers de Ghaërad Read mais dans un autre coin que le pays de Ranne où se passe la majeure partie de mes histoires en cours actuellement.
Bref voici la première partie du prologue :
Théa : La lune pour amant
Théa pleure dans le jardin. Piotr est encore revenu ivre de la taverne et ils se sont disputés. A force de mots acerbes, plus durs que des poings, il lui a à nouveau reproché son ventre trop plat avant de s'effondrer sur la couche conjugale. Une femme stérile, c'est la honte pour un époux. Les autres mineurs se moquent de lui et, de plus en plus, il déserte la maison qu'ils ont construit de leurs mains pour rejoindre ses camarades de beuverie. La jeune femme a entendu ce que l'on raconte dans son dos, les jours de marchés. Les commères ne sont pas aussi discrètes qu'elles voudraient bien le croire. Ou alors, elles ne se soucient plus qu'elles surprennent leurs ragots.
Ce sont les dieux, eux-mêmes, qui la punissent. Sa mère n'était-elle pas une sorcière ? Les prêtres l'ont chassée, il y a déjà plus de dix années. Théa a bien de la chance que Piotr l'ait acceptée pour épouse, malgré ses tares. Pauvre homme ! Privé de descendance. Oh oui! Les dieux doivent vouloir punir cette mauvaise femme !
Théa se rebelle dans son jardin. Pourquoi serait-ce elle qui devrait être en faute ? Si son ventre n'accueille pas la vie, ne pourrait-ce pas être à cause de son mari ? De Piotr dont le coeur et les entrailles se sont asséchées à force de boire accoudé au comptoir de la taverne.
La jeune femme essuie ses yeux et pose le front sur ses genoux. Pourquoi devrait-ce être la faute de quelqu'un ? La brise souffle, dérange ses cheveux en la plus douce des caresses. En fermant les yeux, elle peut sentir les doigts si doux de son amant.
Car Théa a un amant.
Et c'est un amant secret.
Un amant qui n'existe pas vraiment.
Les rayons de la lune trouent les nuages et trouvent le jardinet si bien ordonné. Doucement, ils effleurent la jeune femme qui s'est renversée en arrière, dans l'herbe humide de rosée. Bien sûr, son amoureux n'est que le fruit de son imagination mais elle imagine que l'esprit de la lune descend le long de ses fils argentés jusqu'à elle. Qu'il l'embrasse gentiment en lui procurant de la tendresse comme elle n'en a plus éprouvé depuis longtemps. A cette pensée, une larme solitaire perce la barrière de ses cils et coule le long de sa joue. Depuis son enfance, elle est affamée de l'affection de sa mère dont les prêtres l'ont privée. Piotr était gentil, il a apprivoisé la sauvageonne qu'elle était à l'époque. Il a toujours bon coeur malgré l'amertume que les années ont accumulée entre eux. Peut-être que si elle essayait à nouveau, elle pourrait ranimer l'étincelle du début. Mais elle ne sait pas si elle en aura la volonté. Le courage.
Alors, elle fait taire ses pensées moroses et s'abandonne dans l'herbe. Son amant imaginaire la regarde un instant avant de la recouvrir de son ombre et de déposer sur ses lèvres un baiser.
Un baiser doux et léger.
Un baiser qui n'existe pas vraiment.
bonne lecture !