Les enfants de Lilith

Publié le par Gaëlle K. Kempeneers

Plongé dans le silence du studio qui respirait d’une paix sereine, Stefan se releva sur un coude et pencha la tête sur le côté, détaillant les traits de son amant d’un soir. Les cheveux blonds ébouriffés, les paupières closes sur ses iris d’un bleu glacé, Franck dormait du sommeil du juste. Ils se connaissaient à peine. Pourtant, son compagnon semblait si paisible, aussi confiant qu'un tout petit allongé contre lui que le jeune homme ne put se résoudre à s’habiller en catimini et à sortir silencieusement comme il l’avait fait tant de fois auparavant avec d’autres conquêtes sans lendemain. Ses doigts s’égarèrent dans le duvet doré couvrant le torse du bel endormi et il reposa la tête sur son épaule avec un petit sourire désabusé. Sans doute le regretterait-il au matin, le délicat moment des adieux venu ; cependant, cette nuit, il n’avait pas envie de partir dans le froid et l’obscurité, il voulait profiter encore un peu de la chaleur du corps abandonné à ses côtés.


 

Leur rencontre dans ce petit bar du centre ville avait débuté comme bien d’autres précédentes, suivant souvent le même schéma : l’un sourit, se présente un peu maladroitement, tandis que l’autre éclate de rire et lui offre un verre… tant mieux si le courant passe. Et il était passé entre eux. Ils avaient discuté des heures autour des verres d'alcool qui s'accumulaient avant de se décider à sortir, de s’éloigner de l’atmosphère moite du bar, des corps serrés, des rires et de la musique entêtante. Le froid de la nuit les avait soudain rapprochés, avides de chaleur humaine. Franck avait passé un bras autour de sa taille et Stefan avait trouvé ce geste si naturel qu’il en aurait pleuré, s’il ne riait déjà. C’était une nuit sans lune, avait-il remarqué, les nuages masquaient les étoiles. Le blond l’avait soudain pressé contre lui, avant de l’embrasser d’un long baiser de cinéma… de cinéma français de surcroît. Ils avaient cessé de penser dès ce moment et Stefan ne savait toujours pas comment ils avaient réussi à trouver le studio de Franck, plus particulièrement son lit. Il s'étaient effeuillés tout autour de la pièce unique, jusqu'à chuter, ne trouvant le matelas moelleux que par un heureux hasard. La suite avait été fiévreuse, le jeune homme ne pouvait penser à un meilleur qualificatif. Pourtant, à travers la passion, tous deux s’étaient montrés tendres, prévenants quant au plaisir de leur partenaire. Le blond s’était finalement endormi tandis que Stefan restait éveillé, délicieusement meurtri, débattant entre rester jusqu’au matin ou partir immédiatement comme il en avait l’habitude.

Comme un voleur, sans véritable honte ni remords.



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Le début d'une nouvelle écrite il y a des années...

Elle doit être suivie d'une série d'autres qui tardent à venir... Du coup, Franck et Stefan prennent un peu la poussière...

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Publié dans Nouvelles

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