Le Pacte du Hob - Patricia Wiggs
Résumé :
Mon avis :
Bon, déjà, un jour il faudra que je consacre tout un article à cet auteur. J'adore son style, sa manière d'aborder ses personnages, son humour... Mais là, je vais surtout me concentrer sur ce livre.
Le pacte du Hob comme le résumé l'indique présente la vie de petites gens assujettis à leur seigneur et aux mages de sang qui utilisent la magie de la mort, ce qui les rend à moitié fous. Les malheureux qui présentent un pouvoir surnaturel (comme par exemple : retrouver des objets perdus ou la vue) et qui ont le malheur de se faire repérer par un mage se voient proposer un choix : soit, ils deviennent apprenti (et sous peu se voient devenir déments), soit sont exécutés - histoire que les mages se servent de leur dépouille pour accroître leur pouvoir. Ca, c'est pour les hommes, les femmes, elles... je vous laisse deviner.
L'histoire est basée notamment sur la dualité de la magie : celle de la terre et celle du sang. La première est celle de la vie, de la nature. La seconde est celle de la mort et de la souffrance... Celle qui a bridé la magie du peuple sauvage et banni ce dernier. Le roman commence lorsque le sort qui scelle la magie de la terre est brisé. Le monde revient alors à ce qu'il était avant et les créatures surnaturelles réapparaissent. Le petit village de l'héroïne se retrouve alors à la merci des maraudeurs humains, des élémentaux et des créatures fantastiques.
J'ai particulièrement aimé ce roman - comme tous ceux que j'ai lu de l'auteur, d'ailleurs. Les personnages sont vraiment creusés et très attachants et les "bons sentiments" de l'héroïne - Aren - dominent sans tomber dans le neuneu, ce qui relève de l'exploit. Aren n'est pas parfaite, elle a des défauts, elle n'a pas toujours un bon jugement de la situation... mais malgré tout, c'est un personnage sensible et foncièrement gentil. Et croyez-moi, on peut être gentil sans que ce soit péjoratif. Il y a en elle et dans la majeure partie des personnages du roman une réelle bonté. Bien sûr, ils sont humain. Ils éprouvents des sentiments tels que la jalousie, ils ont peur de ce qui est différent. Ils se montrent parfois injustes et cruels mais malgré tout, il y a une gentillesse foncière en chacun d'eux. Quant aux mages de sang, je vous laisserai en juger par vous-mêmes.
Et puis, il y a Caëfann, le hob. Serviteur de la montagne, malicieux et espiègle malgré son apparence impressionnante, il va passer un pacte avec le village et former peu à peu Aren, l'aider à maîtriser ses pouvoirs. Malgré son humeur taquine, lui aussi possède une véritable gentillesse. Un amour de la vie et des gens - gens dans un sens bien plus large que celui dans lequel nous, les humains, nous l'entendons. Il traine derrière lui un fardeau de douleur et de deuil qu'il doit aux humains qui on banni et anéanti son peuple. Pourtant, lorsque les petites gens viennent lui demander de l'aide, il accepte. Pas de gaité de coeur et sans vouloir s'avouer qu'il en a envie mais il le fait quand même. Un lien se forme alors entre lui et Aren, une relation émouvante qui m'a vraiment touchée.
Dans ce livre, il n'y a pas de preux chevaliers. Pas de princesses à secourir. Au final, la demoiselle en détresse se sauve elle-même. Pas de méchants véritables, non plus. Les maraudeurs sont aussi perdus que les villageois et au final, les mages de sang ne sont-ils pas eux-mêmes des victimes d'une certaine manière?
Cette histoire m'a vraiment emballée et touchée. Je la conseille vivement. Ne vous laissez pas rebuter par la gentillesse qui habite ce livre. Aimer, ce n'est pas ringard, au contraire. Laissez-vous porter et enchanter par le rythme de l'histoire et laissez le destin d'un villageoise trop vite devenue veuve vous emporter dans ce livre divisé en trois partie : printemps, été et automne. Puis, comme les personnages, comme les cultures dans les champs, reposez-vous pendant l'hiver avant de renaître au printemps suivant.
Bonne lecture !