CGR : La perle du dragon - Chapitre 1 : Tombée de la montagne

Publié le par Gaëlle K. Kempeneers

« Aléane... Aléane Thyperon ! »

 

Toute la classe éclata de rire, tandis que la rêveuse sursautait. Encore une fois, elle avait perdu le fil du cour.

 

 

« D... Désolée, » marmonna-t-elle, faussement contrite.

 

Elle détestait les maths. Malgré tous ses efforts, elle restait réfractaire aux chiffres et aux nombres. Paradoxalement, elle parvenait pourtant à obtenir de bons résultats dans cette matière.

 

« Soyez une peu plus attentive, mademoiselle tête-en-l’air ! » lâcha le professeur d'un air agacé avant de reprendre la leçon.

 

Le menton posé au creux de sa paume, la petite fille ne tarda pas à s'égarer à nouveau dans des songes tout éveillés. Ce ne fut que lorsque la sonnerie marqua la fin de la matinée qu'elle émergea, étonnée. Les autres élèves se hâtaient vers la sortie. C'était déjà fini ? Puis, elle se rappela que, ce jour-là, était un mercredi. Ce qui signifiait : congé l'après-midi. Ravie de cette bonne fortune, elle se dépêcha de rassembler ses cahiers avant de rejoindre ses camarades.

Menue et fluette, elle avait l'habitude de se balader le nez en l'air et de trébucher souvent. De temps en temps, elle se retrouvait la cible des stars de la classe mais elle laissait couler les plaisanteries en affichant une expression vaguement amusée. Les petits comiques se lassaient vite et elle pouvait reprendre ses pensées là où elle les avait laissées. Si elle avait peu d'amis, elle pouvait néanmoins compter sur ceux qu'elle considérait comme tels. Elle était étrange, cette gamine de onze ans, montée d'une classe. Étrange mais attachante avec cette manie de rester toujours un peu à côté de la plaque. Elle n'écoutait que rarement les cours et réussissait sans trop étudier. Pour beaucoup, il s'agissait d'une habitude frustrante mais elle était comme ça, Aléane, et cela paraissait presque normal de la voir sans cesse plongée dans son monde à elle.

 

« Tu en as mis du temps ! » râla Daniel lorsqu'elle sortit enfin de l'enceinte de l'école.

 

Grand pour son âge, il promenait un regard maussade au-dessus des têtes de ses condisciples.

 

« J'avais oublié qu'on était mercredi, » s'excusa la petite.

 

Le garçon leva les yeux au ciel mais n'ajouta rien sur le sujet. Il avait l'habitude.

 

« C'est bon... Allez, dépêche-toi ! »

 

Et les enfants s'éloignèrent en courant. Aléane avait du mal à suivre le rythme mais elle ne se plaignit pas. C'était vrai qu'ils étaient en retard ! Au bout d'un moment pourtant, son compagnon ralentit le pas, l'air de ne pas y toucher. Avec un petit sourire, la fillette le rejoignit. Il ne lui en voulait plus. Depuis plusieurs années, ils étaient voisins et, bien qu'il soit plus âgé de deux ans, ils étaient devenus inséparables.

 

« Tu as pris de quoi manger pour midi, au moins ? » demanda-t-il d'un air suspicieux.

 

« Mais oui ! » répliqua-t-elle fièrement en brandissant un sandwich emballé.

 

Il lui était arrivé de l'oublier plus d'une fois. Bientôt, ils parvinrent en vue d'un petit bois. Il n'était pas bien grand, comme la plupart des bosquets dans leur région, mais il l'était suffisamment pour accueillir leurs jeux. Deux garçons et une adolescente les attendaient à l'orée.

 

« Pas trop tôt ! »

 

Daniel haussa les épaules tandis que sa protégée rougissait. Tous se firent la bise avant de s'enfoncer sous les arbres dans un chahut amical. Assis sur des racines noueuses, ils expédièrent leur déjeuner en bavardant joyeusement.

 

« On peut commencer ? » demanda finalement Alexandra, l'autre présence féminine.

 

« C'est parti ! »

 

Le chat fut désigné et le hasard choisit Daniel. Grognant pour la forme, ce dernier se mit face à un chêne.

 

« Je compte jusqu'à cent, » prévint-il. « Un, deux... »

 

Les joueurs n'attendirent pas plus longtemps pour s'égailler. Ils étaient suffisamment grands pour que leurs parents les laissent jouer dans les bois sans surveillance – à condition qu'ils ne restent pas seuls – et assez jeunes encore pour s'amuser d'un jeu de cache-cache. Alexandra, l'aînée du groupe, venait moins souvent mais lorsqu'elle était présente, elle participait toujours avec autant d'enthousiasme que ses cadets. Aléane, quant à elle, adorait ces après-midi passés dans la forêt. Elle s'imaginait poursuivie par un minotaure ou, lorsqu'elle écopait du rôle du chat, princesse guerrière à la poursuite de gredins… Elle fila à la suite des autres avant de sauter bas du chemin et de s'enfoncer dans des fougères qui dressaient leurs feuilles dentelées au-dessus de sa tête. Cependant, elle n'était pas satisfaite. Les dernières fois, Raphaël, puis John, l'avaient trouvée trop facilement. Se mordillant pensivement les lèvres, elle s’accroupit dans l’étendue émeraude et progressa, ainsi, à croupetons. Bientôt, elle entendit des cris et des rires. La chasse avait commencé et déjà le chat coursait quelques malheureuses souris. Une boule de chaleur se forma dans le ventre de la petite fille. Elle se sentait euphorique. Cette fois, elle serait la dernière à être trouvée. Au bout d’un moment, elle fut bloquée par un rideau de ronces. Mêlées aux fougères, elles interdisaient toute progression. Redoutant les griffures, elle battit en retraite, longeant l’obstacle.

Les voix de ses amis se turent peu à peu les unes après les autres. Aléane jubilait. Cette fois, c’était elle qui avait gagné ! Mais le meilleur restait encore à venir. Elle se retrouvait la proie pour rire de quatre chasseurs plus âgés qu’elle. Déterminée à ne pas se laisser attraper sans y opposer toute son énergie et ses ruses, elle continua à avancer, maintenant à quatre pattes. Peu importait que son pantalon et ses mains ne soient sales, elle était désormais une amazone en territoire ennemi. Farouche combattante, elle évoluait silencieusement, tout en ne faisant qu’un avec la nature.

Malgré son expérience, la fière guerrière qu’elle était faillit quand même culbuter lorsqu’un dénivellement surgit sous ses doigts. Elle se trouvait sur les berges d’un minuscule ruisseau.

Un ruisseau qui s’enfonçait sous les ronces qui formaient une arche au-dessus de lui. Réprimant un petit rire, la petite fille s’y engagea immédiatement. Jamais ses amis ne la trouveraient là ! Curieuse, elle suivit le tunnel végétal, sans accorder d’importance à l’eau qui imbibait les jambes de son jeans et les manches de sa veste. Elle était devenue une exploratrice en route vers l’Eldorado.

Quelle aventure !

L'étrange souterrain ne semblait pas vouloir finir et, plusieurs fois, Aléane croisa des galeries qui s'éloignaient à gauche et à droite. Sa curiosité piquée, elle eut malgré tout la sagesse de rester sur la voie principale. Elle était Alice, en route vers le Pays des Merveilles. Pourtant, l'eau lui était montée jusqu'aux coudes et elle commençait à s'inquiéter un peu. D'autant plus que les ronces s'étaient resserrées autour d'elle, accrochant ses cheveux et l'empêchant de faire demi-tour. Tremblant de froid, la petite fille continua donc sa progression en songeant que décidément le bosquet était bien plus grand qu’elle ne le pensait. Cela faisait déjà bien longtemps qu’elle aurait normalement dû en sortir. Enfin, il lui sembla distinguer un point lumineux vers lequel elle se hâta. Autour d'elle, le ruisseau bouillonnait furieusement, menaçant de lui faire perdre l'équilibre. Le niveau avait encore augmenté et elle tendait désormais la tête pour ne pas boire la tasse. Elle ne savait trop que faire. Reculer était impossible et rester immobile ne servirait à rien. Désormais franchement effrayée, elle ouvrit plusieurs fois la bouche pour appeler à l'aide mais à chaque fois l'eau s'y engouffrait, l'étouffant à moitié. Son coeur battait la chamade et, déjà, elle s'imaginait noyée. Et dans cet enchevêtrement épineux qui donc retrouverait son corps ?

Soudain, le lit se déroba sous ses doigts et le courant impétueux l'emporta. Battant des pieds et des mains, elle émergea suffisamment longtemps pour voir la cascade vers laquelle elle était entraînée. Elle se trouvait à l'air libre sans trop savoir quand ni comment elle y était parvenue. Elle sombra à nouveau et se débattit pour refaire surface. L’eau l’entourant avait pris des teintes vertes, mouvementées. Le monde bascula tout à coup autour d'elle. Les chutes l'avaient happée. Avec l'impression de voler, elle entr'aperçut un paysage fantastique aux couleurs plus vivantes que ce qu'elle avait jamais pu voir. Un fleuve tentaculaire coupait littéralement les terres en deux et des plaines verdoyantes entrecoupées de forêts immenses laissaient deviner au loin d'impressionnantes chaînes de montagnes.

Un choc soudain lui coupa le souffle. Meurtrie et sonnée, il lui fallut un bon moment avant de se rendre compte qu'elle ne tombait plus. Roulant sur le ventre, elle éternua comme des plumes gigantesques venaient lui chatouiller le nez. Le vent hurlait dans ses oreilles, l’assourdissant. Cependant, un bruit sourd et régulier capta suffisamment son attention pour qu’elle ose relever la tête. Aléane sentit le souffle lui manquer. Elle se trouvait sur le dos d’un aigle géant.

Un aigle géant !

Bouche bée, elle faillit relâcher sa prise sur les rênes duveteuses qu’elle s’était improvisée mais une large embardée lui fit serrer les poings autour des grandes rémiges. La petite fille contempla enfin le paysage qui s’étendait sous elle. Elle voyait désormais l’immense montagne de roche rouge d’où tombait la cascade vertigineuse. Si l'impressionnant rapace n’était pas passé par là, elle se serait certainement tuée. Quant à savoir comment et pourquoi elle émergeait d’un pic vertigineux plutôt que d’un bosquet de taille modeste, cela restait un mystère. Un long moment, son esprit resta bloqué sur ce problème. Où se trouvait le petit bois ? Ses amis devaient s'inquiéter de son absence. Et surtout, où se trouvait-elle ? Elle n'avait jamais vu cet endroit et il paraissait tellement immense qu'il semblait ridicule d'avoir ignoré jusqu'à son existence.

 

« Où sommes-nous ? » demanda-t-elle à sa monture improvisée.

 

Les rafales de vent emportaient sa voix et elle dut crier pour se faire entendre. Pour toute réponse, l'oiseau se contenta de tourner la tête, lorgnant sa minuscule cavalière. Nerveuse, Aléane se mit à genoux, observant le pays en contrebas. Dans leur dos, une mer d'un bleu presque surnaturel s'étendait, ses vagues brillants sous le soleil…

Les soleils, réalisa-t-elle soudain. Un astre d’un doré éblouissant dominait le ciel, tandis qu'un autre d'un vert pâle accompagnait sa course. Non, définitivement, elle ne se trouvait plus dans son monde. Ou alors, elle devenait folle... Peut-être, simplement, rêvait-elle ? La fillette se pinça avec vigueur et poussa un petit cri. Elle était bien éveillée. L'idée de la folie ne la tentant pas, elle contempla avec stupeur l'étrange paysage. Levant les yeux, elle résista à l'envie de se pincer à nouveau. Des îles flottaient loin au-dessus d'elle.

Elle se sentait à la fois terrifiée et exaltée. Il lui venait une grande envie de pleurnicher qu'elle voulait sa maman mais, en même temps, elle jubilait en découvrant cet étrange univers. Il était mieux que tout ce qu'elle avait imaginé. Mieux encore que les films et les livres qu'elle avait dévoré des yeux ! Aucun effet spécial ne pourrait jamais rendre justice à la beauté magique de cet endroit !

L’aigle ne lui laissa pas le loisir d’admirer davantage le paysage et plongea soudain. La fillette se sentit soulevée de sa monture volante et se raccrocha désespérément aux plumes de cette dernière. En dessous d’elle, le sol se rapprochait à une vitesse affolante et elle eut juste le temps de voir détaler une créature à corne que la chute stoppait brutalement, l’éjectant de son perchoir.

Projetée cul par-dessus tête, elle atterrit dans l’herbe où elle roula avant de s’immobiliser sur le dos, étourdie et meurtrie en mille endroits. Elle était vivante ! Cela tenait du miracle mais elle s'en était sortie en un seul morceau !

Il fallut un bon moment à Aléane avant de trouver l'énergie de se relever. Le monde tangua bien un peu autour d'elle mais elle finit par se tenir sur ses deux pieds, quand même un peu étourdie. Levant les yeux, elle ne vit plus traces de l'aigle géant. Ce dernier avait dû repartir vers son repaire, sa proie entre ses serres. Se frottant les bras, la petite fille dansa d'un pied à l'autre. Où aller maintenant ? Jusque là, elle n'avait pas eu le temps de s'inquiéter de son avenir, ravie et émerveillée par ce monde enchanteur qui s'offrait à elle. Désormais, il n'était certes plus temps de rêvasser ! Elle sursauta lorsqu'un coup de museau dans le dos la surprit. Battant des bras, elle fit volte face, effrayant l'un des bovins qui avaient détalés lors de l'attaque de l'immense rapace. L'animal mugit une protestation indignée avant de baisser la tête et d'arracher une touffe d'herbe qu'il mastiqua lentement tout en observant l'intruse. Cette dernière, médusée, s'aperçut que le reste du troupeau s'était rassemblé autour d'elle en groupes épars. Les bêtes ressemblaient à des vaches. Elles avaient les mêmes yeux aux cils veloutés, la manière de mâcher propre aux ruminants et l'allure générale d'un bovin. Mais la ressemblance s'arrêtait là. Les cornes redoutables qui ornaient leurs crânes inspirait un respect plus que certain et une bosse dans leur dos rappelait les gnous qu'elle avait vu dans un documentaire sur la faune africaine. Mais ce qui attira le plus son attention furent les plaques osseuses qui couvraient leur corps ne laissant qu'une infime partie du ventre à découvert. Non, décidément, elle n'avait jamais vu de créatures pareilles. Elle recula précipitamment lorsque l'une d'elles s'approcha soudain mais le bovin se contenta de continuer à brouter paisiblement. Tournant lentement sur elle-même, elle aperçut les premiers arbres d'une forêt à plusieurs dizaines de mètres, puis, du coté opposé, le lit argenté d'un fleuve au cour paisible. A sa gauche, la montagne aux pierres rougeâtres se dressait. Elle devait avoir parcouru quelques kilomètres à dos d'aigle mais l'éminence n'en paraissait pas plus petite pour autant.

 

« Eh ! Toi ! »

 

Elle sursauta comme un homme trapu marchait d'un pas décidé vers elle. Rougeaud et grossier, il la saisit par le bras et la secoua sans ménagement.

 

« Qu'est-ce t'as fait d'mes bêtes ! Saloperie ! J't'ai vu sur ton sale piaf' ! »

 

Prise de court, Aléane se laissa malmener un moment sans savoir que dire ni que faire. Puis, les larmes qu'elle avait réprimées plus tôt refirent surface et elle éclata en sanglots.

 

« Ma maman ! » cria-t-elle, terrifiée. « Je veux ma maman ! »

 

Son agresseur cessa de la bousculer, tandis qu'elle répétait d'une voix de plus en plus aiguë qu'elle voulait voir sa mère. Elle n'était qu'une petite fille de onze ans, après tout, et avec toutes ces émotions, il était bien normal qu'elle réclame ses parents. Elle était coincée dans cet univers étranger – bien qu'une part d'elle-même continuât à s'en réjouir – sans savoir comment rentrer chez elle. Elle se retrouvait seule et désemparée. Elle avait peur.

 

« Holà, petiote! » finit par grogner l'inconnu d'un ton bourru.

 

Embarrassé, il la lâcha et elle s'accroupit dans l'herbe, continuant à réclamer ses parents. Elle hoquetait à présent. L'air menaçant qu'avait arboré le gaillard l'avait terrorisée. Ce dernier passa la main dans ses cheveux rares avant de s'agenouiller à coté d'elle. Malgré ses airs bourrus, ce n'était pas un mauvais diable et il ne se réjouissait pas d'avoir fait pleurer cette gamine sortie d'il ne savait trop où.

 

« Allons, allons… » répétait-il, vaguement gêné, en lui caressant les cheveux comme il l'aurait fait pour apaiser l'une de ses bêtes.

 

Finalement, Aléane se calma suffisamment pour reprendre son souffle et essuya les larmes qui maculaient son visage.

 

« Tu viens bien d'là haut, non ? » s’assura-t-il en indiquant du doigt l’une des îles flottant dans le ciel.

 

La petite leva le nez vers lui en reniflant par à coup avant de secouer la tête.

 

« Non... Je me suis perdue. »

 

Le berger se gratta le crâne qu'il avait dégarni d'un air perplexe.

 

« Tu viens d'où alors? »

 

Il faillit s'étrangler en ravalant son air tandis qu'elle indiquait du doigt le mont à la cascade et s'éloigna précipitamment. Bouche bée, il la fixait comme si une deuxième tête lui était soudain poussée.

 

« T... Tu es une... Passeuse ? »

 

Perplexe, la fillette se releva lentement. Que voulait-il dire ?

 

« Je ne sais pas, » dit-elle doucement.

 

Elle avait, à nouveau, envie de pleurer mais davantage de larmes ne servirait à rien.

 

« Je jouais à cache-cache avec des amis et... »

 

Ses lèvres tremblèrent.

 

« Je suis tombée de la montagne. Je ne sais même pas comment je suis arrivée ici. »

 

Le berger déglutit.

 

« T'es sûre de ne pas venir de là-haut, hein ? » voulut-il savoir.

 

Il se renfrogna comme elle le regardait effarée. Indécis, il se gratta le dos.

 

« Mouais... Même, je peux pas t'garder avec moi... Je veux pas plus d'gosses dans les pattes. Les miens, c'est bien assez ! »

 

Malgré son ton grognon, il s'était finalement rapproché et lui tapotait distraitement la tête.

 

« J’t’emmène à la ville, » décida-t-il enfin. « Le maire y saura quoi faire ! »

 

Il fit soudain demi-tour et partit d'un bon pas tandis que la petite trottait derrière lui. Ils n'allèrent pas bien loin, rejoignant une maisonnette cachée dans le sous-bois.

 

« Oh ! Alde ! » cria-t-il.

 

Une jeune femme au teint maladif sortit dans la cours, un bébé accroché en écharpe à son sein.

 

« Envois donc ce fainéant d'Allus garder le troupeau ! » ordonna son époux. « Je dois me rendre à la ville. J'rentrerai demain ! »

 

Elle hocha la tête avant de s'éloigner vers la bergerie qui se tenait un peu plus loin où Aléane l'entendit appeler le nommé Allus. Un garçon à peine plus âgé qu'elle détala bientôt en direction d'un troupeau.. L'homme, quant à lui, entra brièvement avant de rejoindre sa protégée, un sac en bandoulière.

 

« En route, » ordonna-t-il. « C'est qu'on a un bon bout d'chemin à faire, nous autres ! »

 

Malgré son expression sévère, il tendit un quignon de pain et un morceau de fromage à la petite qui se rendit compte qu'elle était affamée. Ce fut en dévorant la nourriture qu'elle emboîta le pas à son guide.

 

 

***********

 

 

Un premier chapitre. Je ne pense pas publier tous les chapitres sur le blog (j'espère encore et toujours être un jour publiée ^^) mais j'en posterai suffisament pour vous donner l'eau à la bouche... enfin, j'espère ! ;p

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B
<br /> très bien ce début d'histoire Gaëlle, on attend la suite avec impatience.<br /> <br /> <br />
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