Extraits_Clubs

Club des personnages maudits :

 

Où Nywen postule pour son entrée dans le club.

(Attention extraits du tome deux, donc spoilers)

 

Où Nywen se demande bien s'il n'a pas attrappé l'équivalent de la grippe chez les Sylphes :

 

Une nouvelle fois, la nuit était tombée sur FauconRoc et le château sombrait peu à peu dans le sommeil. Haut perché, le Jardin de la Dame voyait une partie de ses habitants s’endormir paisiblement tandis que d’autres s’éveillaient. Les humains peuplant la forteresse n’étaient pas au courant de leur existence où ils ne sommeilleraient pas aussi tranquillement. Un long cri retentit dans l’obscurité et un battement d’aile suivit rapidement. Le huant lança une nouvelle fois son appel de mauvais augure avant de disparaître dans l’obscurité. Silhouette luminescente dans la pénombre, Nywen suivit son vol distraitement. Il aimait cet instant si particulier où la nuit étendait son royaume d’une manière absolue. Cet instant qui semble devoir durer toujours mais qui sait devoir bientôt basculer et rendre les armes devant le jour naissant. Cependant, ce soir-là, il n’avait pas vraiment le cœur à profiter de ces moments privilégiés. Il se sentait mal à l’aise. Il ne savait pas vraiment comment réagir face à Béryl. Depuis l’exécution de la Cosse-Vide, il s’était ingénié à l’éviter. Lorsque ce dernier l’avait serré dans ses bras et qu’il lui avait rendu son étreinte… il avait ressenti une étrange chaleur naître au creux de son torse et se répandre dans ses membres. Et ce phénomène se reproduisait quand il songeait au chevalier. Était-ce l’une de ces maladies humaines ? Il n’avait jamais été affecté par l’une d’elles, il ne pouvait en être certain. Peut-être devrait-il consulter Lorien ? Le guérisseur aurait certainement une réponse à lui apporter. D’un autre côté, il ne dépérissait pas(...).

 

Où la communication passe mal avec Béryl

 

Le regard perçant, que le chevalier posa sur sa personne, le mit immédiatement mal à l’aise. Il l’avait senti, qu’il ne lui disait pas tout à fait la vérité. Presque effrayé, il se détourna et fit quelques pas dans le jardin avant de jeter un regard au jeune homme par-dessus son épaule, l’invitant à le suivre. Ils marchèrent un long moment sans piper mots.

« Je ne suis pas un humain, » commença le Sylphe.

(...)

« Je le sais. »

(...)

Le jeune homme fixait un point au-dessus de sa tête, sans plus le regarder, la mâchoire serrée en attente de sa réponse. Nywen soupira. Il ne s’y prenait pas bien… Il marqua une pose et son vis-à-vis se raidit encore plus. Il allait partir, comprit l’esprit des bois avec inquiétude.

« Je suis honoré d’être ton ami, Béryl, » lança-t-il comme ce dernier esquissait une volte-face.

Le chevalier s’immobilisa, dos tourné.

« Moi aussi. »

Sa voix avait retrouvé ses intonations plates et sans expressions du début.

« Je voudrais poser une question… »

Il attendit patiemment que son compagnon se décrispe et se décide à le regarder à nouveau.

« Je t’écoute. »

« Que s’est-il passé au juste ? »

« Je ne comprends pas… De quoi parles-tu ? »

« Du jour où nous avons exorcisé la Cosse-vide. »

(...)

« Tu m’as serré dans tes bras, lorsque je suis revenu. »

Et lui-même lui avait rendu son étreinte avec une force désespérée. Ils étaient restés ainsi tout le temps qu’avait duré l’opération de nettoyage du site. Puis, le Sylphe s’était dégagé et avait rempli sa part, rendant les lieux à nouveau purs et libres de la moindre trace de Malombre. Béryl lui rendit son regard.

« Oui. »

Sa voix s’était chargée d’émotions soigneusement contenues. Nywen se vit soudain oppressé, sans vraiment comprendre pourquoi. Il sentait confusément que tout allait se jouer à l’instant. Quant à savoir quels en seraient les enjeux…

« Je voudrais savoir, cela signifiait-il quelque chose pour toi ? »

« Je… »

Béryl recula comme s’il l’avait giflé avant de se détourner et de s’éloigner sans répondre. Incrédule, le Sylphe le vit s’engouffrer dans le couloir et disparaître entre les murs de pierre morte.

Et où Béryl commence à entrevoir que la communication amoureuse, ce n'est pas aussi évident...

 

« S’agit-il de Nywen ? »

(...)

« Oh ! Je t’en prie ! J’ai des yeux, je vois comment tu le regardes. Ou devrais-je dire ‘la’ ? »

« Heu… En fait, il est asexué, alors, à défaut on dit juste ‘il’ pour plus de simplicité. »

Il s’autorisa un léger sourire, amusé malgré lui.

« À vrai dire, pas mal de monde pense qu’il s’agit d’une femme… »

« Et toi ? Comment le considères-tu ? »

Il resta un long moment pensif.

« Je… Il est à part. »

Il osa un rapide regard en direction de son aînée qui l’encouragea d’un petit hochement de tête.

« Je crois que je… »

Il inspira un grand cou. C’était plus difficile qu’il ne s’y était attendu. Prononcer les mots à haute voix rendrait la chose réelle, il ne pourrait plus prétendre que cela lui était égal.

« Je l’aime. »

Étrangement, il se sentit choqué par ses propres paroles. Oui, il éprouvait des sentiments profonds pour le Sylphe, malgré – ou peut-être justement à cause de – son absence de sexualité. Son genre n’avait aucune importance à ses yeux, sa seule présence lui suffisait amplement. Cependant, constater ce qu’il savait depuis un bon moment déjà lui fit un choc et l’emplit d’une terreur à la fois brûlante et glacée. Son cœur s’était débarrassé de cette gangue protectrice qui l’isolait du reste du monde. Il avait la désagréable impression de se retrouver mis à nu, vulnérable. Le sourire qui naquit sur les lèvres de Marbreth lui fit détourner les yeux, soudain honteux. Un doigt sous son menton le força avec douceur à revenir vers la cuisinière et à croiser son regard marron débordant de tendresse.

« Oh mon petit ! » souffla-t-elle. « Je suis si heureuse pour toi ! Peu importe que Nywen soit femme ou homme… ou rien de tout cela. Tu t’es enfin décidé à t’ouvrir à quelqu’un d’autre. »

« Mais c’est douloureux, petite maman. Aimer, ça fait mal ! »

La brave femme le serra farouchement contre elle.

« Bien sûr que c’est parfois douloureux mais lorsque tu ressens la joie comme la tristesse, ça te prouve que tu es en vie. Et crois-moi mon petit, tout cela vaut la peine d’être vécu ! »

Un instant, il voulut lui demander pourquoi elle était toujours seule si aimer, c’était si bien que ça. Pourtant, il garda sa langue, se souvenant de l’époque où, onze ans plus tôt, il la surprenait à s’essuyer les yeux lorsqu’elle pensait se trouver seule. Elle aussi avait souffert des Jours Sanglants. Et puis… elle avait consacré toute son énergie à FauconRoc et à ses habitants, maternant ses protégés, veillant sur les plus démunis et les plus faibles comme s’ils étaient ses propres enfants. Il se rembrunit et se dégagea, en s’efforçant en vain de reformer sa carapace protectrice.

« Mais il ne m’aime pas. Il m’a demandé… »

« Oui ? »

« Quand je l’ai serré contre moi… Je pensais que mes sentiments étaient clairs. Mais il m’a demandé ce que… »

Il déglutit, tentant de dissoudre le nœud qui se formait dans sa gorge.

« … ce que cela signifiait pour moi. »

Il ne put empêcher l’amertume qu’il ressentait de percer dans sa voix avant de sursauter comme Marbreth se mettait à rire.

« Oh mon tout petit ! »

Le chevalier se rembrunit. Lui, ne voyait pas ce que tout cela avait de drôle ! Son aînée retrouva son sérieux et lui caressa la joue.

« Ne t’es-tu pas dit que Nywen n’est pas humain ? Les Sylphes ne pensent pas comme nous, il n’a peut-être pas compris, tout simplement. Tu l’as dit toi-même, il n’a pas de sexe défini. Comment les choses se déroulent-elles pour son peuple ? Tu le lui as demandé, au moins ? »

Béryl se sentit soudain très bête.

 

 

 

 

 

 

Club des douches froides :

 

Alors des scènes holé-holés ? Il n'y en a pas tant que ça dans le Chant , plutôt des scènes tendres et mignonnes (quoique dans le deux, certains personnages risquent fort de se dévergonder ! ^^; )

 

Donc nous avons au moins deux scènes avec Nywen le sylphe asexué :

 

Dans un étang :

 

« Me battre… C’est tout ce que je peux faire… Non, c’est tout ce que je sais, » dit-il doucement, l’horrible cicatrice couvrant son dos bien trop visible aux yeux de son compagnon.

L’espace d’un instant, Atten eut l’impression de le comprendre, de se sentir proche de lui. Sans doute rêva-t-il mais l’enfant terrifié qu’avait été autrefois son aîné sembla lui apparaître, le suppliant de comprendre. Puis, tout cela disparut tandis qu’il observait le Tueur s’avancer dans l’étang, l’eau paraissant se refermer autour de ses jambes comme un étau.

« Non ! » cria-t-il en s’avançant de quelques pas.

Mais Béryl l’ignora continuant de s’enfoncer dans l’onde froide, d’abord jusqu’aux genoux, ensuite la taille et plus haut encore.

« Non ! » répéta son protégé en s’élançant.

Quel espoir avait-il d’empêcher un homme de cette stature de se noyer ? Aucun, bien sûr mais il ne réfléchissait plus, porté par le sentiment d’urgence qui avait envahi tout son être. Sa course fut pourtant brutalement arrêtée tandis qu’on le saisissait par le col pour le tirer en arrière. À moitié étranglé, il s’abattit sur le dos, sa blessure se rouvrant sous le choc. Le souffle coupé, il resta allongé un long moment, sa bouche béant à la recherche d’une goulée d’air. Finalement, il roula sur le côté, des larmes de douleur brouillant sa vision. Appuyé sur ses avant-bras, il posa un instant le front sur le sol avant de jeter un regard oblique vers le lac. Forteresse, debout à ses côtés, encensa doucement, une touche d’inquiétude transparaissant dans son ton. Béryl s’était finalement immobilisé, dans l’eau jusqu’au torse, maintenant le Sylphe à flots.

« Seigneur… Revenez ! » appela Atten, atterré mais il ne répondit pas.

Un instant, l’adolescent crut que des lucioles dansaient autour du chevalier avant de se frotter les yeux. Non, il ne rêvait pas, le jeune homme luisait doucement dans la nuit. Un long frisson le parcourut comme il comprenait que le Tueur faisait appel au Flux Universel pour purifier le corps moribond de l’esprit sylvestre. L’eau autour du couple s’agita soudain de quelques vaguelettes et le page, incrédule, crut distinguer un mouvement, un corps souple… presque serpentin. Des ondines. Béryl était entouré d’ondines !

 

Et une mignonne :

Des bras enlacèrent soudain le Sylphe qui se retrouva serré contre un torse chaud et familier. « J’ai cru que nous t’avions perdu, » murmura Béryl, le visage enfoui dans sa chevelure duveteuse. « Que je t’avais perdu. » Nywen ne répondit pas, ne sachant trop quoi dire. Il ne comprenait pas les émotions humaines et celles qui se levaient en lui tel un vent de tempête lui paraissaient tout autant étrangères. Pourtant, cette fois, il ne put se résoudre à laisser le jeune homme sans lui montrer au moins à quel point il se sentait lui-même bouleversé. Peut-être était-ce l’épreuve qu’il venait de subir, le souvenir du pauvre fantôme enfermé dans son propre corps et dévoré par la Malombre jusqu’à être réduit à une ombre impuissante. L’impression le taraudait que le temps pressait, que, très bientôt, ils devraient peut-être bien tous se conforter à leurs choix, leurs regrets et leurs remords. Et il était certain d’une chose, il en avait assez de fuir. Levant les bras, il rendit farouchement son étreinte à son ami. Advienne que pourrait…

 

Et où le jeune Gabriel, blessé au combat, reçoit le... hum... réconfort du guerrier...

 

Il ouvrit les yeux. Un instant, sa vision resta floue avant de s’éclaircir et de se focaliser sur le visage à l’expression inquiète de Lili. Sa belle semblait tendue et ses yeux étaient rougis. Avait-elle pleuré pour lui en plus de la mort de sa mère ? Aussitôt, il s’en voulut et ouvrit la bouche pour s’excuser, la rassurer. Le voyant éveillé, elle lui planta aussitôt un baiser sur les lèvres avant de se précipiter dans le couloir pour appeler un guérisseur. Il avait l’impression qu’un rat mort s’était installé dans sa bouche. Se redressant sur un coude, il chercha du regard un verre d’eau. Il ne pouvait pas avoir mauvaise haleine lorsque sa belle reviendrait ! Une jeune femme pénétra dans la chambre, Lili sur les talons. Elle avait d’immenses yeux pervenche et ses cheveux bouclés s’échappaient du chignon dans lequel elle avait tenté de les discipliner.

« Ah… Te voilà réveillé. Nous t’avons fait dormir artificiellement pendant que tes blessures se refermaient. »

Elle posa la main sur son front et ferma les yeux avant de sourire avec approbation.

« Bien, je suis contente du résultat. Je vais vous laisser, maintenant. Tes bandages ont déjà été changés et je suis sûre que ton amie à beaucoup de choses à te dire. »

Incrédule, Gabriel contempla son expression malicieuse tandis que, quelques pas derrière elle, Lili s’empourprait. Il regarda la guérisseuse sortir de la chambre et refermer la porte derrière elle. Il s’assit, se découvrant un peu raide et endolori mais à part ça, en relative bonne forme. La jeune fille vint s’installer sur le matelas et, terriblement embarrassé, il se rendit compte qu’il ne portait pas grand-chose en dehors de ses bandages sous les couvertures…

« J’ai été horrible avec toi, » commença-t-elle. « Et en plus tu as été blessé. Si tu… »

Elle avala sa salive et s’interrompit. Il aurait bien voulu la réconforter, la serrer contre lui mais il était partagé entre ce désir et le besoin de maintenir sa pudeur plus ou moins intacte.

« Je ne l’aurais pas supporté, » finit-elle avant de l’embrasser à nouveau. « Est-ce que tu veux encore de moi ? »

Il ne résista pas longtemps à sa voix de petite fille et lui rendit son baiser avec suffisamment de fougue pour la convaincre. Il n’eut pas le temps de se montrer fort embarrassé lorsqu’elle se glissa sous les draps avec lui. À la fois ravi et incrédule, il laissa les couvertures retomber sur eux, les cachant à la vue du monde extérieur pour quelques temps encore.