Rose-thé et gris-souris

Publié le par Gaëlle K. Kempeneers

de Marie-Catherine Daniel, aux éditions  Les Roses Bleues

 

Présentation de l'éditeur :

 

"Elle, c’est Gertrude. Y a pas idée d’avoir un tel nom et ça lui pose problème depuis la maternelle. Il y a peu, elle a décidé qu’en fait, c’était pas son vrai nom. Elle a décidé que son vrai nom, c’était Cunégonde. Elle a un humour particulier, Gertrude.

[...] Lui, c'est Dégage. C’est un chien bien élevé, alors quand on l'appelle, il obéit : il va planquer sa gale dans les cartons sous l'auvent. Il y a encore l'odeur de ses colocataires. Mais à peine désormais, parce que les humains ont arrosé l'endroit avec leurs produits détergents mais aussi parce que tous les vieux cartons ont disparu avec la meute."

Rose-thé et gris-souris est l'histoire d'une jeune femme blessée par la vie qui, grâce à l'optimisme tenace d'un chien en quête d'amour, finit par accepter de s'ouvrir à son entourage. 

 Bouleversants de tendresse l'air de ne pas y toucher, les personnages singuliers et attachants de Gertrude et du chien Dégage ne laisseront personne indifférent.

 

 

Ce que vous y trouverez :

 

- de l'humour pince sans rire

- des chiens

- un chaton

- de la poésie mine de rien

 

Ce que vous n'y trouverez pas :

 

- une histoire mièvre

- de la romance neuneu juste pour le plaisir

- des animaux qui parlent comme dans les contes (de vive voix, quoi !)

 

 

Mon avis :

 

J'ai dévoré ce court roman en moins d'une soirée. Puis, j'ai laissé reposer histoire de bien savourer avant de poster mon avis.

Pour la petite histoire, j'ai reçu Rose-thé et gris-souris grâce au site  Adopte un Auteur. Je suis donc une lectrice AA...

 

"Bonjour, je m'appelle Gaëlle et je ne peux pas m'empêcher de lire. (Bonjour, Gaëlle !)."

 

Bref, je m'en félicite car j'ai passé un très bon moment auprès d'un livre à côté duquel je serais passée autrement. Le titre, le résumé avaient piqué ma curiosité mais j'avoue que j'avais un peu peur de ce que j'allais y trouver. J'avoue que les histoires tristes, ce n'est pas ma tasse de thé. Finir comme une madeleine détrempée devant un livre ou un film, ce n'est pas précisément ce que j'appelle passer un bon moment. Comme Marie-Catherine est une grenouille, je me suis décidée à franchir le pas et je ne l'ai pas regretté !

 

Je me suis retrouvée aspirée dans la vie de Gertrude et de Dégage et je n'ai pu en décoller que la dernière page tournée. D'ailleurs, si vous voulez mon avis, elle est arrivée bien trop vite, cette dernière page, je me suis retrouvée toute triste à l'idée de quitter mes nouveaux amis.

 

Je reste toujours émerveillée par la façon dont l'auteur à réussi à croquer l'attitude de Dégage et des autres chiens. Ils sont plus vrai que nature et je l'aurais bien adopté, moi, ce Dégage ! Et au travers de la présicion, de la justesse des attitudes, il y a la sensibilité, l'horreur de la situation des chiens errants, des orphelins comme Dégage.

 

Ensuite, il y a le personnage de Gertrude, tout aussi attachante. Elle aussi a vécu son lot de drame, d'horreur de séparations douloureuses.Pourtant, à aucun moment, elle ne 'sautorise à s'appitoyer sur elle-même. Au contraire, elle offre au monde sa dureté, son humour pice-sans-rire et un peu tordu comme autant de défi, de nique à la vie.

 

En plus, Gertrude n'aime pas les chiens alors, lorsque ce clébard se décide à la suivre avec des airs de chiens battus, elle ne peut s'empêcher de penser que le sort a décidé de s'acharner sur elle !

 

Mais tous deux ont un point commun, leur intense solitude qui les rapproche. Et Gertrude a un Jiminy Criquet pour la guider, pour jouer le poid de la conscience, de ses sentiments. Un Jiminy particulièrement douloureux mais indicateur de son état d'esprit.

 

Voilà, je n'en dis pas plus mais vous l'aurez compris, cette histoire m'a profondément touchée et j'étais heureuse que ma famille soit déjà couchée pour pouvoir pleurer (et oui, ça n'a pas raté !) librement à certains passage (sans avoir les ricanements de mon mari et les "Mais maman ! Pourquoi tu pleures ?" affolés de mes filles en bruit de fond. Non mais c'est vrai quoi ! Je suis une petite nature qui pleure vite et alors ?), rire à d'autres. Et ne pas toujours savoir si je devais m'incliner vers l'un ou l'autre.

 

Côté style, je l'ai trouvé vraiment fluide et agréable à lire. Avec un côté un peu particulier qui colle parfaitement aux pensées des deux personnages principaux.

 

Donc, une réussite sur tous les tableaux. Même si vous n'aimez pas les chiens, n'hésitez pas à lire ce petit livre. Qui sait, arrivés à la fin, l'on pourrait vous voir hésiter devant la porte de la SRPA la plus proche de votre domicile ?

 

Publié dans Chroniques

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